Convention Propreté (IDCC 3043) : transfert de personnel (article 7) — obligations de reprise pour l’employeur
L’article 7 de la convention collective des entreprises de propreté et services associés (IDCC 3043) instaure un mécanisme unique en droit du travail français : le transfert conventionnel de personnel en cas de changement de prestataire. Pour l’entreprise entrante, ces obligations sont impératives et leur non-respect expose à de lourdes sanctions.
Principe du transfert conventionnel
Lorsqu’un marché de propreté change de titulaire (perte de marché par l’entreprise sortante, attribution à une entreprise entrante), les salariés affectés au marché doivent être repris par le nouveau prestataire. Ce transfert s’effectue de plein droit, indépendamment de l’article L. 1224-1 du Code du travail (transfert d’entreprise).
Conditions du transfert
Pour que le transfert s’applique, plusieurs conditions cumulatives doivent être réunies :
| Condition | Détail |
|---|---|
| Ancienneté sur le site | Le salarié doit être affecté au marché depuis au moins 6 mois |
| Temps de travail sur le site | Le salarié doit consacrer au moins 30 % de son temps de travail total au marché transféré |
| Type de contrat | CDI uniquement (les CDD ne sont pas transférés) |
| Aptitude | Le salarié ne doit pas être en inaptitude médicalement constatée au jour du transfert |
Procédure de transfert
L’article 7 organise une procédure précise en plusieurs étapes :
- Information par le donneur d’ordre : le client doit informer l’entreprise entrante de l’identité du prestataire sortant.
- Transmission de la liste des salariés : l’entreprise sortante transmet à l’entreprise entrante la liste des salariés transférables avec leurs éléments contractuels (ancienneté, qualification, rémunération, temps de travail sur le site).
- Vérification par l’entreprise entrante : celle-ci vérifie que les conditions de transfert sont remplies.
- Reprise effective : les salariés transférables sont repris par l’entreprise entrante à la date de prise d’effet du nouveau marché.
- Avenant au contrat de travail : l’entreprise entrante établit un avenant constatant le changement d’employeur.
Droits des salariés transférés
Les salariés transférés conservent :
- Leur ancienneté acquise chez le précédent employeur.
- Leur qualification et leur classification.
- Leur rémunération (salaire de base + éléments de rémunération liés au site).
- Leur durée de travail contractuelle.
En revanche, les avantages liés à l’ancienne entreprise (CE, mutuelle spécifique, primes d’entreprise) ne sont pas nécessairement maintenus.
Refus de reprise par l’entreprise entrante
Le refus de reprendre les salariés transférables constitue une violation de l’obligation conventionnelle. L’entreprise entrante s’expose à :
- Une action en justice des salariés concernés pour faire constater le transfert.
- Des dommages et intérêts pour préjudice subi.
- Une mise en cause par l’entreprise sortante qui pourrait se retrouver dans l’impossibilité de licencier les salariés.
Cas particulier : transfert partiel
Lorsque le salarié n’est affecté que partiellement au marché transféré (entre 30 % et 100 % de son temps), seule la quote-part de temps de travail correspondante est transférée. Le salarié peut alors se retrouver avec deux employeurs, ce qui suppose une bonne coordination.
Source : Convention collective des entreprises de propreté (IDCC 3043), article 7 — Légifrance.
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