Sécurisation du calcul de clôture de forfait jours pour un grand groupe
Comment nous avons aidé la direction des relations sociales d'un groupe international à fiabiliser l'ensemble du processus de clôture annuelle de ses forfaits jours.
Le contexte
Notre client est un grand groupe international dont une partie significative des collaborateurs en France est soumise à une convention de forfait en jours. L'accord d'entreprise prévoit un mécanisme de clôture annuelle avec plusieurs seuils de déclenchement : au-delà du forfait de référence, les jours supplémentaires génèrent des jours de récupération majorés, des repos à prendre au trimestre suivant, ou des bonus pouvant être payés ou transférés au Compte Épargne-Temps (CET).
Ce mécanisme implique un calcul précis des jours effectivement travaillés et la maîtrise des règles de déduction des absences — un sujet qui, en pratique, se révèle redoutable.
La problématique
La direction des relations sociales du groupe a sollicité le cabinet DAIRIA pour trancher deux questions critiques dans le cadre de la clôture annuelle :
- Quelles absences déduire des jours travaillés ? — Le service paie considérait que les congés pour événements familiaux (mariage, naissance, décès) devaient être comptés comme jours travaillés au motif qu'ils sont assimilés à du travail effectif. Or, « travail effectif » (pour l'ancienneté, les congés payés) et « jour travaillé dans le forfait » (pour le décompte du forfait jours) sont deux notions juridiquement distinctes.
- Comment traiter un trop-perçu de clôture de forfait ? — Un salarié, par ailleurs représentant du personnel, avait bénéficié l'année précédente d'une clôture de forfait supérieure à ce qu'il aurait dû percevoir, en raison d'une erreur de décompte de ses jours de récupération transférés au CET. Le salarié contestait le calcul corrigé de l'année en cours en se fondant sur le précédent erroné.
Notre intervention
Le cabinet a mobilisé son pôle paie, sous la direction d'Audrey Mourer, responsable du département paie du cabinet, pour mener une analyse complète en moins d'une semaine :
- Audit de la matrice de calcul : examen ligne par ligne de la maquette Excel utilisée par le service paie, confrontation avec les dispositions de l'accord d'entreprise et du livre blanc paie interne
- Analyse juridique des absences : qualification de chaque type d'absence (congés payés, événements familiaux, maladie, maternité/paternité, RTT, transferts CET) au regard du droit du forfait jours et de la jurisprudence applicable
- Rédaction d'une note de consultation établissant les règles de calcul conformes, avec un tableau récapitulatif clair distinguant les absences à déduire et celles qui ne le sont pas
- Recommandations sur le trop-perçu : analyse des possibilités de régularisation (compensation sur salaire, accord amiable) et des risques liés au statut d'élu CSE du salarié concerné
Les congés pour événements familiaux (mariage, PACS, naissance, décès d'un proche), bien qu'assimilés à du travail effectif pour le calcul des droits à congés payés et de l'ancienneté, ne constituent pas des jours travaillés au sens du forfait jours. Ils doivent donc être déduits du décompte des jours travaillés, au même titre que les congés payés. En revanche, les absences pour maladie ne viennent pas en déduction — le salarié en maladie est réputé avoir accompli sa journée de travail pour le décompte du forfait.
Le résultat
Le client a immédiatement adapté son mode de calcul sur la base de notre analyse. Les règles de déduction ont été corrigées et formalisées dans un processus documenté et auditable pour les clôtures de forfait futures. La direction des relations sociales a confirmé l'adoption de nos recommandations dans les 24 heures suivant la restitution. Une mission de suivi a été engagée pour sécuriser l'ensemble du processus de clôture de forfait, incluant un échange en visioconférence pour traiter les cas particuliers identifiés dans la matrice.