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Formation gratuite · 7 modules · ~2 h

Maîtriser la convention collective des transports routiers

La convention collective nationale des transports routiers et activités auxiliaires, décryptée secteur par secteur : champ d'application, durée du travail, rémunération, frais de déplacement, protection sociale. Par les avocats du cabinet Dairia.

Démarrer le module 1 →

Un code couleur, huit univers

La convention couvre des métiers très différents. Tout au long de la formation, chaque secteur garde sa couleur — pour repérer d'un coup d'œil quelle règle s'applique.

Dispositions générales
Transport de marchandises
Marchandises — dispositions communes
Transport de voyageurs
Transport sanitaire
Personnes — dispositions communes
Entreprises de courses
Déménagement
Module 1

Introduction à la convention collective

À qui s'applique la convention ?

La convention collective s'applique aux entreprises dont l'activité principale relève du transport routier et de ses activités annexes. Concrètement, l'entreprise doit être enregistrée sous l'un des codes NAF visés par la convention :

49.39A49.39B49.42Z52.29A49.41A52.29B53.20Z86.90A52.10B49.41C49.41B77.12Z80.10Z

Les branches couvertes (article 1er)

Le champ d'application est précisé à l'article 1er, qui énumère les branches couvertes :

  • Transport routier de voyageurs
  • Transport routier de marchandises
  • Messagerie, fret express
  • Déménagement
  • Location de camions avec conducteur
  • Ambulances
  • Enquêtes et sécurité
Attention — le transport en compte propre est exclu

La convention ne s'applique pas aux entreprises industrielles ou commerciales qui transportent leurs propres marchandises ou leur personnel par leurs propres moyens — les activités dites de transport « en compte propre » ou « privé ».

Jurisprudence

Le transport assis professionnalisé (TAP) par taxi conventionné auprès d'une CPAM ne relève pas de la convention des transports routiers : le TAP ne fait pas partie des activités d'ambulance. Le taxi, même conventionné pour le transport sanitaire, ne justifie pas l'application de la convention.

Cass. soc., 27 mars 2024, n°22-15.519

Ne pas confondre avec les conventions voisines

Plusieurs conventions coexistent dans le transport et peuvent prêter à confusion. À distinguer soigneusement :

  • CCN des réseaux de transports publics urbains de voyageurs
  • CCN de la branche ferroviaire
  • CCN des transporteurs sanitaires privés (art. L.322-5-2 CSS)
  • CCN du personnel des entreprises de transport en navigation intérieure
  • Convention collective nationale des taxis (11 septembre 2001)

L'architecture de la convention

1Les dispositions générales

Articles 1 à 27 — le cœur de la convention, commun à tous.

2Sept annexes

Les règles propres à chaque catégorie : ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise, ingénieurs et cadres.

3Accords, avenants, protocoles

Une série de textes qui complètent ou ajustent la convention au fil du temps.

L'articulation entre règles légales et conventionnelles

La convention ne vit pas seule : elle s'applique conjointement avec le Code du travail, le Code des transports et le règlement européen CE n°561/2006 (temps de conduite et de repos).

Plus favorable : toujours possible

Une convention ou un accord peut être plus favorable aux salariés que la loi. Mais il ne peut jamais déroger aux dispositions d'ordre public.

Moins favorable : l'exception

Une convention de branche peut être moins favorable qu'un accord de champ plus large seulement si ce dernier le permet expressément.

À retenir

Avant d'appliquer la moindre règle, deux réflexes : vérifier le code NAF / l'activité principale (suis-je bien dans le champ ?) et identifier l'annexe et le secteur concernés. C'est tout l'objet des modules suivants.

Module 2

Les dispositions générales communes à tous les secteurs

Avant d'entrer dans les règles propres à chaque métier, la convention pose un socle commun à tous les secteurs : classifications, embauche, contrat, rupture. C'est l'objet des dispositions générales (articles 1 à 27) et de leurs annexes.

Les classifications : quatre annexes

Chaque catégorie de personnel relève d'une annexe et d'un accord dédiés :

CatégorieTexte de référence
OuvriersAccord du 16 juin 1961 — Annexe I
EmployésAccord du 27 février 1951 — Annexe II
Techniciens & agents de maîtriseAccord du 30 mars 1951 — Annexe III
Ingénieurs & cadresAccord du 30 octobre 1951 — Annexe IV

Sont ingénieurs et cadres les collaborateurs qui réunissent deux conditions : une formation technique, administrative, juridique, commerciale ou financière (diplôme ou expérience équivalente) et un emploi figurant à la nomenclature (article 3), comportant généralement des pouvoirs de décision et de commandement.

La période d'essai

Elle court entre la prise de service effective et la notification de l'embauche définitive. Pour être applicable — et renouvelable — elle doit être expressément prévue au contrat de travail.

CatégorieDuréeParticularités
Ouvriers1 mois (conduite) · 2 semaines (autres)Rupture libre
Employés1 moisRupture libre
Techniciens & AM1 mois (groupes 1 à 5) · 2 mois (groupes 6 à 8)Prolongation possible d'un commun accord (max. 1 mois). Information détaillée obligatoire à l'embauche.
Ingénieurs & cadres3 moisRupture libre le 1er mois, préavis d'1 semaine ensuite. Prolongation possible (max. 3 mois) par accord.

Les congés pour événements familiaux

ÉvénementDurée
Mariage / PACS du salarié4 jours
Mariage d'un enfantOuvriers : 1 j (2 j à partir de 3 mois d'ancienneté) — autres : 2 jours
Naissance ou adoption3 jours
Décès du conjointOuvriers : 2 j (3 j à partir de 3 mois d'ancienneté) — autres : 3 jours

Jours ouvrables habituellement travaillés dans l'entreprise.

Décès : on applique le régime légal, plus favorable

La convention étant moins favorable, c'est le régime légal qui s'applique pour les congés de décès : décès d'un enfant 12 à 14 jours (selon l'âge), décès du père ou de la mère 3 jours, décès du conjoint / concubin / partenaire de PACS 3 jours, décès d'un beau-parent / frère / sœur 1 jour.

Les conditions d'embauche

  • Âge : 18 ans minimum pour la plupart des postes (dont conducteurs PL) ; 21 ans pour la conduite de certains véhicules de marchandises ou de voyageurs, sauf exceptions.
  • Nationalité : pour un candidat étranger, vérifier titre de séjour et autorisation de travail.
  • Aptitude médicale : visite d'embauche obligatoire (médecin du travail) pour tout poste de conduite ou physique.
  • Qualifications : permis adapté, FIMO, FCOS (à renouveler tous les 5 ans), ADR pour les matières dangereuses. L'employeur vérifie leur validité avant l'embauche.

Le contrat de travail (article 11)

Tout embauchage est formalisé par un contrat écrit (ou au minimum une lettre d'engagement) qui fait référence à la convention et à l'annexe applicable, précise l'emploi, la qualification et les éléments de salaire, et repose sur la durée légale hebdomadaire. Aucune clause ne peut être contraire à la convention. Le CDI est la norme ; le CDD reste strictement encadré (remplacement, surcroît exceptionnel…).

Les indemnités de licenciement

Point d'alerte — cadres et agents de maîtrise

La convention ne prévoit rien pour les cadres et AM ayant moins de 3 ans d'ancienneté : c'est le régime légal (art. L.1234-9). Le conventionnel ne devient plus favorable qu'à partir de 3 ans. Pour les employés et ouvriers, le légal reste toujours plus avantageux : on applique la loi quel que soit l'ancienneté.

Catégorie< 3 ans≥ 3 ans
Ouvriers / EmployésLoi (¼ mois/an jusqu'à 10 ans, ⅓ au-delà)CCN moins favorable → on continue la loi
Techniciens & AMLoi3/10 de mois par an d'ancienneté
Ingénieurs & cadresLoi4/10 de mois/an (catégorie cadre) + 3/10 mois/an dans les autres catégories, le cas échéant

Une indemnité complémentaire est prévue pour les cadres de 61 à 65 ans : 2 mois de salaire (≥ 10 ans d'ancienneté dont 5 comme cadre), 3 mois (≥ 20 ans), 4 mois (≥ 30 ans) — dans la limite de l'indemnité conventionnelle maximale.

L'inaptitude physique à la conduite (article 11 ter)

Un conducteur reconnu définitivement inapte à la conduite (retrait de permis par une commission médicale) peut, si aucun reclassement n'est possible, percevoir une indemnité spécifique — à condition de justifier de 3 ans de métier de conducteur dans l'entreprise et d'une inaptitude non liée à une faute volontaire.

Ancienneté (comme conducteur)Indemnité
3 à < 5 ans2 mois de salaire moyen
5 à < 10 ans3 mois
10 à < 15 ans4 mois
15 à < 20 ans5 mois
20 ans et plus6 mois

Non-cumul avec une autre indemnité de rupture. Le salarié doit informer l'employeur de toute décision médicale (à défaut : faute lourde). Reclassement obligatoire s'il est possible et compatible.

L'indemnité de départ en retraite

Ouvriers, employés, techniciens et AM (référence : moyenne des salaires des 12 derniers mois) :

AnciennetéIndemnité
Après 10 ans0,5 mois de salaire moyen
Après 15 ans1 mois
Après 20 ans1,5 mois
Après 25 ans2 mois
Après 30 ans2,5 mois

Pour les cadres, l'indemnité est exprimée en pourcentage de la rémunération réelle annuelle, avec un plancher et un plafond (ex. après 10 ans dont 5 comme cadre : 4,5 % / plancher 10 % / plafond 100 % de la rémunération garantie du groupe 1 ; jusqu'à 25 % / 33 % / 170 % après 30 ans). Une prime est également due en cas de départ à l'initiative du salarié entre 60 et 65 ans, sous réserve de la liquidation de la retraite complémentaire.

À retenir

Sur la rupture, le réflexe est systématique : comparer le conventionnel et le légal, catégorie par catégorie. Pour les ouvriers et employés, la loi gagne presque toujours ; pour les cadres et AM, le conventionnel ne prend l'avantage qu'au-delà de 3 ans.

Module 3

L'emploi, le contrat de travail et ses spécificités

Le transport routier connaît des contrats spécifiques, adaptés au rythme de chaque métier : intermittence des conducteurs scolaires, saisonnalité du déménagement, alternance. Tour d'horizon — le CDI restant toujours la norme.

Le contrat de travail intermittent (transport de voyageurs)

Défini à l'article 18, l'intermittent est un CDI qui alterne périodes travaillées et périodes d'inactivité. Réservé au transport de voyageurs (scolaire, touristique), il interdit de mobiliser le salarié hors des périodes prévues, sauf accord.

Pour les conducteurs scolaires (accord du 15 juin 1992), le contrat est écrit et précise qualification, rémunération horaire, durée annuelle et périodes de travail :

  • Durée annuelle minimale : 400 heures (hors heures complémentaires).
  • Heures complémentaires : limitées à 25 % de la durée annuelle, préavis la veille (sauf urgence).
  • Plannings annuel et hebdomadaire annexés au contrat à chaque rentrée.
  • Rémunération : lissage mensuel possible (1/12 de l'annuel), primes au prorata, jours fériés indemnisés s'ils tombent en période d'activité, congés payés versés en fin de période scolaire (1/10).

Conducteurs de tourisme et grand tourisme (accord du 24 novembre 2017)

ClassificationConditions
145 V — tourisme2 ans d'expérience, 50 % du temps sur service touristique ou 40 découchers/an
150 V — grand tourisme60 découchers/an + maîtrise d'une langue étrangère
155 V — grand tourisme confirmé8 ans d'expérience dont 4 à 150 V

Les contrats spécifiques du déménagement

Secteur saisonnier et irrégulier, le déménagement dispose de contrats dédiés — sans que le CDI cesse d'être la règle (une équipe ne peut être composée uniquement de saisonniers ou de journaliers).

  • Contrat journalier (accord du 1er février 2022) : une mission, ou plusieurs au sein d'un même « voyage de déménagement ». Durée minimale payée même si non effectuée — 7 h les premiers jours, 4 h consécutives le dernier jour.
  • Contrat saisonnier : saison du 1er avril au 31 octobre, durée de 1 à 7 mois, jamais pour un remplacement. Priorité de réembauchage après 3 saisons consécutives.
  • Transformation en CDI à temps plein possible dès 190 jours travaillés sur 12 mois consécutifs (usage et/ou saisonnier), sur demande écrite dans les 30 jours suivant la fiche de paie atteignant le seuil.

L'emploi en alternance

Contrat d'apprentissage

Jeune de 16 à 29 ans révolus (exceptions au-delà). Durée 1 à 3 ans selon le diplôme. Salaire en % du SMIC ou du minimum conventionnel. Tuteur obligatoire.

Contrat de professionnalisation

Jeunes 16-25 ans, demandeurs d'emploi 26 ans et +, bénéficiaires de minima sociaux. Durée 6 à 24 mois. Majoration possible de 10 points après 9 mois. Tuteur obligatoire.

Les caisses de congés payés des travailleurs intermittents

Un régime particulier (articles D.1325-1 et suivants) s'applique notamment au fret routier (49.41A, 49.41B), au déménagement, à la location de camions avec chauffeur, à la messagerie et au fret express. L'employeur déclare mensuellement les salaires concernés à une caisse agréée, qui gère les droits à congés (17 jours de travail = 1 mois ouvrant droit à congés). L'entreprise doit pouvoir prouver à tout moment être à jour de ses obligations.

À retenir

Chaque métier a son contrat-outil : intermittent pour le scolaire, journalier et saisonnier pour le déménagement, intermittent et alternance partout. Mais le CDI reste la norme, et chaque contrat spécifique obéit à des conditions précises de forme et de durée.

Module 4 — le cœur de la convention

Maîtriser la durée du travail

La durée du travail résulte de plusieurs textes combinés : la convention collective (article 12 = cadre général), le Code des transports, le Code du travail et le règlement (CE) n°561/2006 (conduite et repos, véhicules > 3,5 t). L'article 12 pose le socle ; ce sont les avenants par secteur qui fixent les règles applicables.

Deux notions à ne jamais confondre

L'amplitude

L'intervalle entre deux repos quotidiens successifs (ou entre repos hebdomadaire et repos quotidien). Elle englobe les coupures.

La durée du travail effectif (L.3121-1)

Le temps où le salarié est à la disposition de l'employeur, se conforme à ses directives, sans vaquer à des occupations personnelles.

Jurisprudence — temps d'attente et de chargement

Les temps d'attente et de chargement/déchargement sont du travail effectif dès lors que le conducteur est à disposition de l'employeur (Cass. soc. 7 avril 2010, n°09-40.020). Le temps passé à proximité immédiate du camion pour le surveiller est rémunéré comme travail effectif (Cass. soc. 8 février 2017, n°15-11.372). Le juge apprécie le degré d'implication lors du chargement (Cass. soc. 11 avril 2018, n°16-25.186).

Voyageurs Transport de personnes

  • Durée quotidienne : 10 h maximum ; exceptionnellement 12 h une fois par semaine pour le personnel roulant (urgence ou accord), un 2e dépassement étant limité à 6 fois sur 12 semaines (temps réparti sur au moins 5 jours).
  • Amplitude (interurbain) : service régulier 13 h (extension à 14 h, art. R.3312-11) ; service occasionnel 14 h.
  • Double conduite : le temps du conducteur qui ne conduit pas, véhicule en marche, compte pour 50 %.
  • Dimanche / jour férié (accord du 19 juin 2023) : indemnité forfaitaire, doublée si deux services distincts séparés par un repos.
  • Temps partiel (accord du 1er décembre 2020) : contrat écrit, priorité d'accès à un temps plein (demande 6 mois avant, réponse de l'employeur sous 3 mois).

Sanitaire Transport sanitaire (accord du 16 juin 2016)

  • Plannings mensuels affichés 15 jours à l'avance ; prise de service fixée la veille (communiquée au plus tard à 19 h).
  • Durée quotidienne effective : 10 h (sans être inférieure à 4 h 30 pour un temps complet), dépassement possible sans excéder 12 h.
  • Durée hebdomadaire : 48 h maximum sur une semaine, 46 h en moyenne sur 12 semaines (et sur 3, voire 4 mois).
  • Amplitude : 12 h ; extension à 14 h dans deux cas (mission à terme, 1 fois/semaine en moyenne sur 4 semaines ; activités saisonnières ou rapatriements, 50 fois/an).
  • Pauses : 20 min après 6 h de travail ; pause repas d'au moins 80 min (11 h–14 h 30 ou 18 h 30–22 h).
  • Habillage / déshabillage imposé : 5 + 5 min, rémunérés (ligne distincte du bulletin), inclus dans l'amplitude.
  • Dépassement d'amplitude > 12 h : indemnité de dépassement d'amplitude journalière (IDAJ) ou repos équivalent.
  • Travail de nuit (22 h–5 h) : repos compensateur de 15 % (affectation exclusive de nuit) ou 10 % (autres) des heures d'amplitude nocturne.

Marchandises Transport routier de marchandises

Régime dérogatoire fondé sur les équivalences (décret n°83-40) : la durée du travail est un temps de service (art. L.3121-13), distinct du travail effectif. Trois catégories :

CatégorieTemps de servicePar trimestre
Grands routiers / longue distance43 h / semaine559 h
Autres personnels roulants39 h / semaine507 h
Messagerie & convoyeurs de fonds35 h / semaine455 h

Les conducteurs de messagerie ne bénéficient pas d'équivalence : droit commun dès 35 h.

Heures supplémentaires : au-delà de 35 h/semaine (ou 152 h/mois). Majoration (accord de branche du 23 avril 2002) : 125 % de la 36e à la 48e heure, 150 % au-delà.

Repos compensateur trimestriel obligatoire (à prendre sous 3 mois) :

Heures supplémentaires / trimestreRepos
41e à 79e1 journée
80e à 108e1 journée et demie
au-delà de la 108e2 journées et demie
Pas de cumul avec la contrepartie obligatoire en repos

Certains conducteurs réclament, en plus du repos compensateur trimestriel, la contrepartie obligatoire en repos (COR, art. L.3121-38). La Cour de cassation l'exclut fermement : seul le repos compensateur trimestriel du décret n°83-40 s'applique, sans cumul possible.

Cass. soc., 6 février 2019, n°17-23.723

Durée maximale du temps de service (art. R.3312-50) : 56 h sur une semaine isolée pour les grands routiers (52 h autres roulants, 48 h messagerie/convoyeurs), avec des plafonds sur 3 ou 4 mois (ex. grands routiers : 53 h ou 689 h/trimestre pour les véhicules > 3,5 t). Durée quotidienne du temps de service : 12 h maximum (jusqu'à 14 h pour un dépannage). Repos quotidien : règlement (CE) 561/2006 pour les véhicules > 3,5 t, sinon réductible à 10 h consécutives.

Déménagement Entreprises de déménagement

  • Durée quotidienne : 10 h (12 h exceptionnellement, 1 fois/semaine ; 2e dépassement limité à 6 fois sur 12 semaines si réparti sur au moins 5 jours).
  • Travail de nuit (accord du 29 avril 2015) : prime horaire spécifique = 20 % du taux horaire conventionnel d'embauche au coefficient 150 D.

Courses Entreprises de courses

  • Durée : 10 h par jour (amplitude) pour les coursiers à deux roues (véhicules ≤ 3,5 t PTAC) ; extension à 11 h, 2 fois/semaine maximum, si les contraintes le justifient.
  • Déduction forfaitaire d'1 h/jour pour neutraliser les inactivités (attente, pauses) et déterminer la durée réelle de travail effectif.
  • Carnet de route obligatoire (feuilles de temps en 3 exemplaires) ou pointage informatique équivalent.
À retenir

Une même question — « combien d'heures ? » — appelle cinq réponses différentes selon le secteur. Le réflexe : identifier le secteur (et donc l'avenant), distinguer amplitude / temps de service / travail effectif, et ne jamais cumuler le repos compensateur trimestriel marchandises avec la contrepartie obligatoire en repos.

Module 5

Maîtriser la rémunération

Le salaire minimum conventionnel

Calculé pour 151,67 heures par mois (35 h/semaine), il dépend du coefficient du salarié et de la branche d'activité (marchandises, voyageurs, sanitaire, déménagement…). L'employeur peut proposer un salaire contractuel plus élevé. Trois règles d'or : prendre en compte tous les éléments fixes, constants et liés au travail effectif ; ne jamais compenser un mois sous le minimum par un mois au-dessus ; appliquer la grille obligatoire correspondant à l'activité réelle.

La Garantie Annuelle de Rémunération (accord du 7 novembre 1997)

Au-delà du cumul des minima mensuels, l'employeur a une obligation de résultat : vérifier en fin d'année que chaque salarié a perçu au moins le montant annuel garanti correspondant à sa classification.

Les majorations d'ancienneté

CatégorieMajoration
Employés & TAM+3 % tous les 3 ans, plafonné à +15 % après 15 ans
Ingénieurs & cadres+5 % / +10 % / +15 % après 5, 10 et 15 ans dans la catégorie
Transport de voyageurs+17 % (20 ans) · +18,5 % (25 ans) · +20 % (30 ans)

La rémunération des alternants (accord du 12 avril 2017)

Apprentissage16-17 ans18-20 ans21 ans et +
1re année35 % SMIC51 % SMIC55 % *
2e année47 % SMIC59 % SMIC65 % *
3e année63 % SMIC75 % SMIC85 % *

* du SMIC ou du minimum conventionnel. Professionnalisation : 55 à 80 % selon l'âge et la qualification, et 85 % du minimum conventionnel (≥ SMIC) à partir de 26 ans.

Le cas des coursiers

Leur rémunération combine une part fixe (taux horaire conventionnel × temps de travail effectif) et une part variable obligatoire (système de points). Le minimum de la part variable : 6 % du salaire mensuel conventionnel pour les coursiers confirmés de 1er degré, 15 % pour le 2e degré.

Point d'alerte — garantie de ressources en cas d'arrêt

La convention ne prévoit le maintien de salaire qu'à partir de 3 ans d'ancienneté. Mais l'article L.1226-1 impose un maintien dès 1 an, sous conditions. En pratique : régime légal entre 1 et 3 ans, puis conventionnel (s'il est plus favorable) au-delà de 3 ans.

Module 6

Comprendre les frais de déplacement

Les frais de déplacement des ouvriers sont régis par le protocole du 30 avril 1974 (annexe I). Ils s'appliquent dès lors que le service oblige le salarié à quitter son lieu de travail et son domicile, et pour la part non remboursée intégralement sur justificatifs. Ce sont des indemnités forfaitaires, pas du salaire.

Marchandises et activités auxiliaires

  • Indemnité de repas : due lorsque l'amplitude couvre entièrement la période 11 h 45 – 14 h 15 ou 18 h 45 – 21 h 15.
  • Indemnité de casse-croûte : prise de service avant 5 h — non cumulable avec l'indemnité de repos journalier ni celle de service de nuit.
  • Grands déplacements (impossibilité de rentrer pour le repos journalier) : indemnité de repas + indemnité de découcher (et 2× l'indemnité de repas si deux repas hors domicile).
  • Repas sur le lieu de travail : indemnité spéciale si l'amplitude couvre 11 h – 14 h 30 ou 18 h 30 – 22 h, sans coupure d'au moins 1 h.

Voyageurs

  • Indemnité de repas unique pour un repas pris hors du lieu de travail.
  • Salarié non averti la veille (au plus tard à midi) d'un déplacement hors conditions habituelles : l'indemnité est portée au niveau de l'indemnité de repas.
  • Fin de service après 21 h 30 (dépassement d'horaire) : indemnité de repas du soir.
Module 7

La protection sociale complémentaire

Retraite et prévoyance complémentaires (accord du 5 mars 1958, annexe V)

Le régime est principalement géré par la CARCEPT (Caisse autonome de retraites complémentaires et de prévoyance du transport).

  • Affiliation obligatoire après 1 an de service continu (temps complet) pour le transport public de marchandises, le déménagement et garde-meubles…
  • Affiliation possible (facultative) pour d'autres activités (correspondance ferroviaire, transports mixtes rail-route, location d'automobiles hors VP, groupage de denrées périssables, transports pour le compte des PTT).
  • Activités mixtes : l'affiliation de l'ensemble du personnel suit l'activité principale (article 3) ou un accord employeur/personnel.
  • Régime de substitution (UNIRS) si l'entreprise n'est pas affiliée à la CARCEPT malgré son activité.
Délai à ne pas manquer

L'adhésion doit être effectuée dans les 3 mois de la création de l'entreprise — même si elle ne compte pas encore de salariés.

La complémentaire santé (accord du 1er octobre 2012)

Un régime de protection santé s'applique aux entreprises relevant des codes NAF de la branche (fret interurbain 49.41A, proximité 49.41B, location avec chauffeur 49.41C, messagerie/fret express 52.29A, affrètement 52.29B…). Il fixe les garanties et les bénéficiaires.

À retenir — fin du parcours

De l'embauche à la retraite, la convention des transports routiers se lit toujours en deux temps : la règle générale, puis l'avenant du secteur. Gardez les bons réflexes — code NAF, annexe, secteur — et confrontez systématiquement le conventionnel au légal.

Une question sur l'application de la convention ?

Champ d'application, durée du travail, rémunération, frais de déplacement : nos avocats sécurisent votre application de la convention collective des transports routiers.

Formation conçue et rédigée par les avocats du cabinet Dairia, à partir de la convention collective nationale des transports routiers et activités auxiliaires et de ses avenants. Contenu pédagogique général — ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

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